Comme un air de déjà-vu ou de jamais-vu…

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Comme un air de déjà-vu ou de jamais-vu…

Publié en ligne le 28 septembre 2021 – Psychologie –

Je n’ai presque jamais rencontré un lieu et une chose dont la première vue ne fût pour moi comme un souvenir.

Alphonse de Lamartine

Il arrive que nous fassions des expériences subjectives imprévisibles, fugaces et surprenantes, telles celles du déjà-vu et du jamais-vu. Le déjà-vu ne se limite pas à la perception visuelle. Cette illusion recouvre ce que nous avons l’impression d’avoir déjà vu, déjà entendu, déjà vécu, et qui nous est pourtant étranger. Ce « souvenir du présent », ainsi que l’a appelé le philosophe Henri Bergson, est souvent accompagné d’un sentiment particulier, mêlé d’étrangeté et de familiarité. En 1908, Bergson écrivait : « L’illusion est parfois si complète qu’à tout moment, pendant qu’elle dure, on se croit sur le point de prédire ce qui va arriver : comment ne le saurait-on pas déjà, puisqu’on sent qu’on va l’avoir su ? » [1]

Dans son Traité de psychiatrie (1883), le psychiatre Emil Kraepelin a raconté une expérience considérée comme du déjà-vu et du déjà-vécu, au cours d’une marche dans les contrées du Pérou où il n’était jamais allé auparavant. Il lui sembla brusquement qu’il avait déjà vécu cette situation et dans le même instant, qu’il savait qu’après le tournant de la route derrière lequel il était caché, il verrait un pont. Au-delà du tournant, le pont apparut avec tous les détails qu’il avait anticipés.

Toutefois, cette anecdote ressemblerait davantage à un sentiment de prémonition qui relèverait d’une analyse non consciente d’une situation prévisible. Kraepelin aurait déduit du bruit de plus en plus fort de l’eau qui coule qu’après un virage, le chemin traverserait un pont. Par conséquent, il s’agirait plutôt d’un sentiment a posteriori que d’un véritable déjà-vu ou déjà-vécu.

Autoportrait,
Ralph Hedley (1848-1913)

Le jamais-vu a été le thème de nombreux romans et contes. Dans le roman de Dostoïevski Le double, Goliadkine, le héros, ne cesse de voir partout son sosie imaginaire, un Goliadkine jeune, auteur de tous ses malheurs. Son double devient son pire cauchemar. C’est lui qui s’installe à sa place dans son bureau, qui mange ses gâteaux dans la pâtisserie, qui le suit dans la rue en le menaçant. À la fin de l’histoire, Goliadkine est conduit dans une maison de santé, suivi toujours par son double.

« La Terre est la même partout »

Le conte « Quand Shlemiel s’en fut à Varsovie » d’Isaac Bashevis Singer (1902-1991), écrivain juif polonais naturalisé américain, Prix Nobel de littérature (1978), évoque cette illusion étrange. C’est l’histoire de Shlemiel (en yiddish, « le benêt »), « un paresseux et un bon à rien », qui habite le village de Chelm en Pologne et rêve de parcourir le monde. Mme Shlemiel ne cesse de lui dire qu’il a mieux à faire que de courir le monde, comme par exemple, garder les enfants pendant qu’elle va au marché pour vendre ses légumes. Un jour, Shlemiel entend parler de Varsovie et de sa splendeur. Un beau matin, son balluchon sur l’épaule, il part, suit la grande rue du village appelée rue de Varsovie, persuadé qu’elle le mènera tout droit à Varsovie. En chemin, soudain fatigué, il décide de faire une petite sieste sous un arbre. Il enlève ses bottes et veille à disposer la pointe vers Varsovie et le talon vers Chelm, histoire de ne pas se tromper de direction en repartant. Pendant son sommeil, le forgeron, qui aime bien faire des farces, s’approche et tourne les bottes dans l’autre sens. Quand il se réveille, Shlemiel remet ses bottes et reprend sa route. En marchant, il se dit que tout ressemble étrangement à ce qu’il a quitté, les lieux, les maisons, les gens… Il arrête un passant et lui demande le nom de l’endroit.

« Chelm », lui dit celui-ci. Perplexe, Shlemiel se frappe le front et soudain trouve la solution de l’énigme : « Il y a deux Chelm et il vient d’arriver au second. »

Il se souvient alors d’une phrase entendue à l’école religieuse : « La Terre est la même partout. » Pourquoi alors le Chelm numéro deux ne serait-il pas le même que le Chelm numéro un, tout en étant un autre ? C’est ainsi que tout s’enclenche dans son esprit. Il revoit son village, la rue de Varsovie, sa maison, sa femme, ses enfants, son chat, ses voisins, convaincu qu’ils ne sont ni son village, ni sa rue, ni sa maison, ni sa femme, ni ses enfants, ni son chat, ni ses voisins, mais ceux de Shlemiel deux à Chelm deux. Il dit à tous qu’il est le Shlemiel de Chelm un et que le Shlemiel de Chelm deux reviendra un jour de Varsovie. En attendant le retour de Shlemiel deux, Mme Shlemiel l’emploie pour garder ses enfants contre un petit salaire et lui-même lui paye sa pension, ce qui fait que l’argent qu’elle lui donne lui revient. Mais Shlemiel deux ne reviendra jamais… [2]

Déjà-vu et jamais-vu, deux illusions en miroir

Le phénomène du jamais-vu peut affecter n’importe lequel d’entre nous. C’est par exemple au réveil l’impression fugace de ne pas reconnaître les lieux, les visages ou les objets pourtant familiers. Christopher Moulin, professeur au Laboratoire de psychologie et neurocognition de l’université Grenoble Alpes, remarque que les musiciens peuvent avoir un sentiment de jamais-vu au milieu d’un passage familier d’une partition. Il ajoute : « [Cela peut aussi se produire] lorsque vous regardez un visage trop longtemps et qu’il commence à paraître étrange, ou lorsque vous vous trouvez dans un endroit familier mais que vous pensez “Je ne sais pas où je suis”. Ou encore, si l’on regarde longuement un mot, il perd son sens » [3].

Cette illusion peut être parfois plus profonde, voire pathologique. En 1923, Joseph Capgras, psychiatre, a utilisé le terme d’« illusion des sosies » pour décrire le phénomène du jamais-vu par lequel un patient affirmait que quelqu’un de proche, généralement un être cher, avait été remplacé par un sosie, un double, un imposteur d’aspect identique. Il disait : « Il lui ressemble mais ce n’est pas lui » [4].

Les illusions de déjà-vu et de jamais-vu se présentent comme la manifestation en miroir l’une de l’autre, l’une offrant une image inversée de l’autre. Si le déjà-vu donne au nouveau une coloration de familiarité, le jamais-vu, au contraire, la lui retire.

Les interprétations du déjà-vu et du jamais-vu

Les expériences du déjà-vu et du jamais-vu ont intéressé les philosophes, les poètes, les romanciers, les médecins, les psychologues, depuis l’Antiquité jusqu’au début du XXe siècle. Elles ont été ensuite délaissées car considérées comme anecdotiques et subjectives, et relevant plus des pseudo-sciences que de la science. C’est dans la deuxième moitié du XXe siècle qu’elles sont devenues un objet de recherche pour les sciences cognitives.

Les expériences du déjà-vu avaient été interprétées comme des réminiscences d’une vie antérieure. Pythagore (580- 495 av. J.-C.) y voyait un effet de la métempsycose, théorie métaphysique selon laquelle les âmes migrent après la mort et se réincarnent dans un nouveau corps.

De bons souvenirs,
Raimundo de Madrazo y Garreta (1841-1920)

Platon (428-348 av. J.-C.) la concevait comme une confirmation de la « réminiscence » : l’âme ayant tout connu avant de naître, puis tout oublié lors de son incarnation, elle serait capable de se ressouvenir. Les stoïciens la considéraient comme « l’éternel retour du même ». Et Nietzsche, comme l’expression de « l’éternel retour », selon lequel le nouveau est toujours vieux et le vieux, toujours nouveau.

Ces interprétations sont intéressantes philosophiquement et culturellement, mais elles ne rendent pas compte de l’impression déroutante due au fait que le souvenir auquel la scène renvoie n’existe pas, puisque cette scène n’a jamais été réellement vécue. D’autre part, elles relèvent de la métaphysique ou de la croyance et n’apportent pas d’explication. Elles ne sont pas réfutables et ne peuvent être testées. Laurent Vercueil, neurologue au Centre hospitalier universitaire de Grenoble Alpes, écrit : « Ce sont des explications de type paranormal, des croyances. Comment prouver que le monde tel qu’il est n’a pas déjà existé, identique à lui-même ? » [5]

Selon Remo Bodei, professeur de philosophie à l’École normale supérieure de Pise puis à l’université de Californie (Ucla), le terme de déjà-vu a été utilisé pour la première fois par le philosophe et médium Émile Boirac (1851-1917) dans L’avenir des sciences psychiques (1917). Ce dernier a inventé le terme de cryptopsychie pour désigner l’étude des phénomènes psychiques inconscients, qui fait leur part aux explications parapsychologiques telles que la divination (l’art de prédire l’avenir par l’observation et l’interprétation de certains phénomènes paranormaux).

R. Bodei analyse dans La Sensation de déjà-vu toutes les dimensions, poétiques, littéraires, philosophiques, psychologiques, neurologiques, de ce « déraisonnable souvenir du présent », dont il semblerait qu’on fasse l’expérience au moins une fois dans sa vie. Selon R. Bodei, le phénomène du déjà-vu est comme un « trompe-l’œil temporel » qui fait se superposer « l’alors et le maintenant, l’ici et l’ailleurs », dans un « court-circuit qui annule non seulement l’écoulement du temps, mais jusqu’à son annulation même ». L’illusion du déjà-vu ressemble, dit-il, à un « rêve renversé ». Alors que dans le rêve, on prend l’hallucination pour la réalité, dans le déjà-vu, on prend la réalité pour une hallucination. La perception actuelle ne correspond à aucun souvenir effectif. Nous savons que nous sommes en train de vivre pour la première fois cette expérience déterminée : « C’est comme si le moi, se regardant de l’extérieur, se comportait de façon pendulaire, tantôt percevant, tantôt se souvenant, tantôt en observateur et tantôt en observé, et qu’il faisait donc alterner l’identité et l’altérité avec lui-même. » R. Bodei ajoute : « Il semble parfois que nous soyons même capables de prédire ce qui va arriver, comme si nous assistions à un spectacle déjà vu dont nous anticipons la scène suivante » [6].

Des hypothèses scientifiques

Dans une interview de l’Observatoire de la santé visuelle et auditive, C. Moulin précise : « La recherche sur le phénomène du déjà-vu en est encore à ses débuts. De nombreuses hypothèses ont été émises quant à son origine, sans qu’aucune n’ait été confirmée pour le moment » [3]. R. Bodei l’explique par le fait que, s’agissant d’un phénomène subjectif, éphémère et imprévisible, le déjà-vu n’est pas aisément reproductible ni contrôlable expérimentalement. En ce qui concerne sa fréquence, L. Vercueil écrit : « Dans la population générale, plus des deux tiers des personnes interrogées ont déjà expérimenté la sensation de déjà-vu, particulièrement les sujets jeunes (avec un pic entre 15 et 25 ans) et dans des situations de fatigue, d’anxiété et de manque de sommeil » [5].

Si ce phénomène peut se produire chez n’importe qui, pour en explorer plus à fond les mécanismes cérébraux il est intéressant de l’étudier chez des personnes dont le cerveau s’arrête brusquement de fonctionner normalement, comme par exemple au cours d’une crise épileptique localisée à une région délimitée. En effet, comment étudier un phénomène irrégulier que l’on ne peut ressentir sur commande ? Serge Vulliémoz, neurologue aux Hôpitaux universitaires de Genève, considère que « chez les personnes atteintes d’épilepsie, le phénomène de déjà-vu est régulièrement annonciateur d’une crise » [7]. Cette dernière se produit lorsqu’une trop forte activité électrique empêche le fonctionnement normal d’un groupe de neurones. Les cas de déjà-vu qui se produisent avant une crise d’épilepsie sont une piste pour mieux comprendre ce qui se passe. Cette piste a été étudiée par Fabrice Bartolomei, professeur de neurophysiologie clinique à l’hôpital de la Timone, à Marseille, spécialiste de l’épilepsie. L’épilepsie se caractérise par des crises déclenchées par une altération de l’activité électrique des neurones qui ressemblent à des courts-circuits dans le cerveau. Les déjà-vu se produisent chez des patients atteints d’une forme particulière d’épilepsie qui concerne les lobes temporaux, parties latérales du cerveau situées au niveau des tempes. En 2012, F. Bartolomei et son équipe ont mis en évidence chez ces patients un dysfonctionnement de la zone rhinale, située sous l’hippocampe, au cœur du cerveau. L’une des fonctions du cortex rhinal est de repérer les éléments nouveaux dans l’environnement avant de transmettre les informations à l’hippocampe chargé du stockage de la mémoire. En appliquant des stimulations électriques à cette zone chez leurs patients, les chercheurs sont parvenus à provoquer un déjà-vu [8].

Au seuil de l’éternité,
Vincent van Gogh (1853-1890)

Malgré tout, les nombreuses théories du déjà-vu ne permettent pas encore de rendre compte véritablement de sa spécificité sur le plan cérébral. Est-il un faux souvenir ? Un faux souvenir est le « souvenir » d’un événement qui n’a jamais eu lieu. Dans la mesure où le déjà-vu peut s’accompagner d’un sentiment d’incrédulité, il diffère du faux souvenir, qui ne doute pas de lui-même. Dans l’expérience évanescente du déjà-vu, il semble qu’il n’y a pas réellement de souvenir, puisque le présent est par nature nouveau. Il s’agirait plutôt d’une illusion.

Toutefois, Christopher Moulin (université Grenoble Alpes) et Akira O’Connor (École de psychologie et de neurosciences de St Andrews au Royaume-Uni), ont créé une situation artificielle de déjà-vu qui a permis d’identifier un certain nombre de mécanismes en jeu. Ils ont utilisé une technique standard de création de faux souvenirs, le paradigme DRM (pour Deese-Roediger-McDermott), afin de susciter une sensation de déjà-vu chez vingt et un participants dont ils ont en même temps scanné le cerveau par IRM fonctionnelle. Le protocole consistait à lire une série de mots apparentés à la thématique du sommeil : « nuit », « lit », « oreiller », etc., mais sans jamais prononcer le mot « sommeil ». Ils ont ensuite demandé aux participants s’ils avaient entendu un mot commençant par la lettre « s ». Ceux-ci ont affirmé que non. Ensuite, ils leur ont demandé s’ils avaient entendu le mot « sommeil », et là, même si les participants savaient que ce mot ne pouvait pas avoir été prononcé car il commence par « s », ils ont dit qu’ils avaient l’impression de l’avoir entendu. Cette expérience a montré que les aires impliquées dans la mémoire, comme l’hippocampe, n’entraient pas en jeu dans le phénomène. En revanche, les aires frontales du cerveau, qui jouent un rôle dans la prise de décision, étaient activées. Une hypothèse est que les régions frontales du cortex vérifient les souvenirs et envoient des signaux en cas d’erreur quand il y a un conflit entre l’expérience vécue et ce que nous croyons avoir déjà vécu ou vu. Le sentiment de déjà-vu serait un signe que le système de vérification de la mémoire fonctionne bien [9].

Par ailleurs, il existerait deux catégories de déjà-vu, le « déjà-vu fugace », qui ne dure pas plus d’une minute, et le « déjà-vécu » plus durable et plus intense. C. Moulin écrit : « Dans le “déjà-vécu, nous pouvons avoir le sentiment que nous sommes capables de prédire la suite des événements, une sensation de préscience. Les zones mnésiques du lobe temporal sont impliquées, de façon restreinte pour le “déjà-vu fugace” et de façon plus étendue pour le “déjà-vécu”, qui peut toucher d’autres zones comme celles des émotions, ou encore l’hippocampe, qui est chargé de la récupération de l’information » [3].

Plusieurs explications sont envisagées

L’impression du déjà-vu pourrait résulter de la rencontre entre les éléments qui subsistent d’un rêve en partie ou totalement oublié et une situation réelle vécue à l’état de veille. Ou encore le cerveau parviendrait à déterminer de façon éphémère et fugitive ce qui dans la situation actuelle concorde avec des expériences passées.

Autre hypothèse encore : une zone de notre cerveau appelée parahippocampe fonctionne habituellement en association avec l’hippocampe, siège de la mémoire. L’hippocampe permet de déterminer s’il y a effectivement concordance entre des expériences déjà rencontrées dans le passé et la situation présente. Lors du déjà-vu, le parahippocampe, qui permet la reconnaissance visuelle des objets, la reconnaissance des lieux et du contexte, fonctionnerait seul, sans l’hippocampe. La phase d’identification n’aurait pas lieu, seul subsisterait le sentiment d’étrangeté caractéristique du déjà-vu.

On peut s’étonner que les recherches concernant ces deux expériences à la fois banales et extraordinaires se soient plus orientées vers l’étude du déjà-vu que du jamais-vu. À cela, L. Vercueil répond : « Moins fréquent que le déjà-vu, dans ses formes physiologiques et pathologiques, le jamais-vu a mobilisé moins de travaux. Si l’on admet qu’il s’agit de la manifestation en miroir du déjà-vu, il est possible de reformuler, en mode inversé, les hypothèses qui valent pour le déjà-vu » [5].

Comme un magicien qui fait apparaître et disparaître un lapin de son chapeau, notre cerveau crée des illusions de déjà-vu et de jamais-vu, qui sont encore en grande partie des énigmes pour la science.

Références


1 | Bergson H, Le souvenir du présent et la fausse reconnaissance, 1919 (Quadrige, 2012).
2 | Singer IB, Quand Shlemiel s’en fut à Varsovie et autres contes, Seuil, 1999.
3 | Moulin C, « Le déjà-vu pourrait être une vérification des souvenirs », Observatoire de la santé visuelle et auditive, 11 décembre 2018.
4 | Collins MN et al, “Capgras’syndrome with organic disorders”, Postgrad Med J, 1990, 66 :1064-7.
5 | Vercueil L, Chatouilles (et autres petits tracas neurologiques). Ce que notre corps nous apprend sur notre cerveau, Belin/Humensis, 2017.
6 | Bodei R, La sensation de déjà-vu, Seuil, 2007.
7 | Schupbach J, « Le déjà-vu défie les méthodes scientifiques », Le Temps, 18 décembre 2017.
8 | Bartolomei F et al, “Cortical stimulation study of the role of rhinal cortex in déjà-vu and reminiscence of memories”, Neurology, 2004, 63 :858-64.
9 | O’Connor AR, Moulin C, “Recognition without identification, erroneous familiarity, and déjà vu”, Curr Psychiatr Rep, 2010, 12 :165-73.