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articles et émissions

Mon article publié dans Causeur de mars 2018

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La revue Causeur de Mars 2018 publie  l’un de mes articles sous le titre : “Notre  cerveau n’est pas un disque dur”. Celui-ci démystifie la notion d’« amnésie traumatique »,  une notion dépourvue de toute preuve scientifique, rejetée par une large majorité de la communauté des chercheurs en psychologie,  et qui sert de prétexte à certaines féministes pour demander l’allongement du délai de prescription.

Voici l’annonce de l’article :

Les femmes, sexe fort malgré elles

Rubrique actualités, la barque est bien chargée. Chez le beau sexe, Brigitte Axelrad et Peggy Sastre démontent coup sur coup deux mythes féministes. La professeur de psycho-sociologie Axelrad démystifie la notion d’« amnésie traumatique » en vertu de laquelle certaines féministes prétendent qu’un viol subi dans l’enfance ou l’adolescence peut être occulté puis remémoré à l’âge adulte. Une notion dépourvue de toute scientificité. De son côté, la darwinienne Peggy Sastre déconstruit l’idée d’une solidarité féminine fondée sur la seule appartenance au sexe faible. De la cellule au marché du travail, les femmes ne cessent au contraire de lutter entre elles…

Je me souviens donc je me trompe

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C’est le titre de l’émission d’ARTE sur la mémoire,  diffusée le samedi 10 décembre 2016 à 22h35, en co-production avec CNRS Images, un reportage consacrée aux faux souvenirs. J’ai enregistré un extrait  pour les visiteurs du site, les 23 premières minutes, à voir dans ma page audio/vidéo.
Les plus grands scientifiques mondiaux de la mémoire y ont contribués :
américains : Prof. Élizabeth Loftus, Prof. Daniel Schacter, Thomas Ryan (MIT); Prof. Suzumu Tonegawa;
allemands : Prof. Jan Born (Univ. Tübingen);
japonais : Prof. Hinomu Tanimoto (Univ. Tohoku à Sendaï);
français : Prof. Pascal Roulet (neurobiologiste CNRS), Karim Benchenane (CNRS), Prof. CHU Philippe Birmes, Romain Bouvet (CNRS).

Ils expliquent en français l’état de la connaissance scientifique sur la mémoire.

Le prof. Pascal Roulet et son équipe a fait une découverte capitale : nous modifions nos souvenirs quand nous les utilisons, se rappeler change le souvenir.

La mémoire manipulée : le dossier AFIS

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J’ai coordonné ce dossier pour le N°312 Avril 2015 de Science et pseudosciences. Un dossier de presse en donne le sommaire et quelques extraits. La revue est disponible chez les marchands de journaux. Les spécialistes français et étrangers de la mémoire ont contribué à ce numéro exceptionnel, notamment Richard McNally et Scott Lilienfeld (États-Unis), Hedwige Dehon (Belgique). Le dossier de presse a a été envoyé aux élus… et associations

Voici le sommaire du dossier :

 

Dossier : La mémoire manipulée 13
Souvenirs refoulés, faux souvenirs et délai de prescription (Brigitte Axelrad) 14
Quelle est la validité scientifique du refoulement ? (entretien avec Richard McNally) 18
Les « thérapeutes de la mémoire retrouvée (entretien avec Scott O. Lilienfeld) 22
Les faux souvenirs et les faux aveux sont-ils possibles ? (Hedwige Dehon) 24
Les faux souvenirs dans les entrevues d’enquête auprès des témoins ou victimes (Magali Ginet) 29
L’aveu, la « reine des preuves » ? (Brigitte Axelrad) 35
Peut-on immuniser les témoins contre les souvenirs erronés ? (Céline Launay, Jacques Py et Maïté Brunel) 38
L’audition des témoins perturbée par les croyances et le sens commun (Samuel Demarchi) 46
« Mort imminente », « enlèvements par des extraterrestres » : des phénomènes de faux souvenirs semblables ? (Hedwige Dehon) 54
Histoires de cas (Brigitte Axelrad) 59
 
Les facteurs communs aux psychothérapies (Jacques Van Rillaer) 62

Et ce n’est pas fini… le N°313, en préparation, comprendra un dossier sur l’hypnose, avec un article de Frédérique Robin de l’Université de Nantes, intitulé : Hypnose et Faux Souvenirs. Elle est l’auteur du livre Hypnose, Processus de suggestibilité et faux souvenirs, aux Éditions de boeck.

La loi peut-elle ignorer la science ?

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Avant-propos :A la suite de mon article , publié dans la revue de l’AFIS, l’association a publié un communiqué envoyé à tous les parlementaires français, dont voici un extrait :

Communiqué de l’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS)

Abus sexuels, « souvenirs retrouvés » et manipulation mentale : la loi peut-elle ignorer la science ?


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Communiqué de l’AFIS

25 novembre 2014

Une proposition de loi a été discutée au Sénat, visant à modifier le délai de prescription pour les agressions sexuelles commises sur des mineurs et s’appuyant sur l’affirmation que le caractère traumatisant de l’agression peut conduire à une prise de conscience ou à une révélation tardive d’un souvenir enfoui pendant plusieurs dizaines d’années. Elle reportait le point de départ du délai de prescription des agressions sexuelles au jour « où l’infraction apparaît à la victime dans des conditions permettant l’exercice de l’action publique » comme la jurisprudence le prévoit déjà pour les abus de bien sociaux. Le Sénat l’a modifiée en proposant de prolonger le délai de prescription de dix années supplémentaires, le portant à 30 ans après la majorité pour les viols et agressions sexuelles avec circonstances aggravantes.

Nous attirons l’attention des parlementaires 

Les crimes de viols sont particulièrement dévastateurs et il est indispensable, pour protéger les victimes et leur rendre justice, que le droit dispose d’outils pertinents. A ce titre, nous attirons l’attention des députés sur un texte de loi qui ne tient pas compte de la connaissance scientifique accumulée en termes de mémoire et de souvenirs enfouis, et qui, au nom de bonnes intentions, pourrait en réalité avoir des conséquences dramatiques pour des personnes innocentes et leurs familles.

Si le délai de prescription de l’abus de bien social démarre au moment où les faits sont découverts, c’est parce que ce délit peut aisément être occulté par les dirigeants d’entreprise qui s’en rendent coupables. Un abus de bien social laisse néanmoins des traces dans une comptabilité, ce qui rend les poursuites envisageables longtemps après les faits. il n’existe rien de tel en matière d’agression sexuelle. La mémoire n’est pas un livre de comptes.

La possibilité d’induire des faux souvenirs (phénomène de “faux souvenirs induits”) chez des sujets existe en revanche. Elle relève de la manipulation des personnes. Cette pratique dénoncée à plusieurs reprises par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) [1] a donné lieu à de nombreux procès aux États-Unis, et aussi en France, où un thérapeute a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris, le 12 juin 2012 [2].

La position des scientifiques et des professionnels

La majeure partie de la Communauté scientifique aux États-Unis et en Europe considère en effet que l’amnésie dissociative traumatique, autrement appelée refoulement, est un « morceau de folklore dénué de tout fondement scientifique convaincant » [4]. Les faux souvenirs induits retrouvés en thérapie sont dénoncés notamment par Elizabeth Loftus, Richard McNally, Scott O. Lilienfeld, mais aussi en Europe et en France notamment par Philippe-Jean Parquet [5], Paul Bensussan [6] et Caroline Eliacheff [7], entre autres.

La loi peut-elle ignorer la science ? 

La proposition de loi, qui se fonde sur ces deux notions (l’amnésie dissociative traumatique, le refoulement), loin d’aider les victimes, aggraverait les ravages des thérapies déviantes, qui font retrouver des “souvenirs enfouis” en utilisant des techniques de manipulation mentale ou l’hypnose. Les principales victimes de ces pseudo-thérapies sont, non seulement les individus et les familles accusés, mais aussi les patients.

Le professeur Elizabeth Loftus a déclaré : « Si les Français doivent traverser le même épisode tragique que les Américains lors de la guerre des souvenirs, je les plains sincèrement. »

L’AFIS reprend à son compte la conclusion énoncée par le Professeur Scott O. Lilienfeld : « Nous devons nous tourner vers des données bien établies, pas vers des intuitions viscérales. Nous devons distinguer les faits scientifiques de la fiction scientifique. Si nous ne le faisons pas, nous risquons de faire subir un préjudice grave à des personnes innocentes et à leurs familles. »[9]

L’exploitation du phénomène des faux souvenirs existe, il a fait des ravages. L’AFIS souligne que des décisions prises sous l’effet de l’émotion et sans considération de l’état des connaissances vont encourager la manipulation mentale et seront très lourdes de conséquences pour les personnes qui en seront victimes.

Références[1] Miviludes, Rapport 2007, p.159.

[2] Le vrai procès des faux souvenirs, Le Magazine Le Monde, 4 octobre 2014, p.21
Et : http://unadfi.org/Affaire-Yang-Ting…

[3] L’amnésie dissociative traumatique est une hypothèse non validée scientifiquement. Ce terme ne doit pas être confondu avec celui d’amnésie post-traumatique, phénomène dont l’existence est prouvée scientifiquement et dont les effets sur les victimes sont de faible durée, de quelques jours à quelques semaines.

[4] Interview de Richard McNally, « La mémoire manipulée – Souvenirs refoulés, faux souvenirs et délai de prescription  ».

[5] Philippe Jean-Parquet, Professeur de psychiatrie infanto-juvénile à l’université du droit et de la santé de Lille II, chef de service, exerce au Centre hospitalier et universitaire de Lille :
http://derive-sectaire.fr/philippe-…
http://videos.senat.fr/video/videos…

[6] Paul Bensussan, Psychiatre, expert agréé par la Cour de cassation et par la Cour pénale internationale :
http://www.paulbensussan.fr/
http://www.lanouvellerepublique.fr/…

[7] Caroline Eliacheff, pédopsychiatre et psychanalyste :
http://www.huffingtonpost.fr/caroli…
http://www.huffingtonpost.fr/caroli…

[8] E.Loftus, Le Magazine Le Monde, 4 octobre 2014, p.22 :
La mémoire manipulée – Souvenirs refoulés, faux souvenirs et délai de prescription

[9] Interview de Scott O. Lilienfeld, « Souvenirs retrouvés, faux souvenirs et délai de prescription » :
La mémoire manipulée – Souvenirs refoulés, faux souvenirs et délai de prescription

 

Mis en ligne le 25 novembre 2014
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Dernière minute :

En commission, le projet de loi avait été adopté par 31 voix contre 30. J’ai pu constater que de nombreux élus avaient tendance à croire que le refoulement ou l’amnésie dissociative traumatique (qui sont des théories non prouvées scientifiquement) étaient la même chose que l’amnésie  traumatique subie à la suite d’un choc (qui elle a une réalité objective) et qui disparaît le plus souvent après quelques jours ou quelques semaines.  
In fine, la proposition de loi UDI pour allonger de 10 années supplémentaires le délai de prescription a été repoussée à l’Assemblée Nationale, le 2 Décembre 2014, par 252 voix contre 191 *.