La “guerre des souvenirs” est-elle relancée en 2016 ?

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Préambule

J’ai été alertée en mai 2016 par le post sur le forum de l’Afis d’une personne, membre de l’Afis, à propos de la publication par deux psychologues britanniques d’un article qui met en doute les résultats des études  en laboratoire  sur la facilité à induire des faux souvenirs d’abus sexuels : “It’s easy to implant false childhood memories, right? Wrong, says a new review”

Chris Brewin et Bernice Andrews deux psychologues britanniques ont relancé en Grande Bretagne (avril 2016)  la “Guerre des Souvenirs”. Voici traduit en français par mes soins l’essentiel de l’article et de la réponse de l’équipe hollandaise dirigée par Harald Merckelbach de l’Université de Maastricht. Les lecteurs anglophone pourront se référer aux articles originaux en suivant les liens. 

L’article des 2 psychologues britanniques.

Une revue “systématique” des études sur les faux souvenirs induits

Introduction


research digest

Alex Fradera a publié, dans le blog Research Digest de la British Psychological Society*, un article le 26 Mai 2016 intitulé :

It’s easy to implant false childhood memories, right? Wrong, says a new review
* http://digest.bps.org.uk/2016/05/its-easy-to-implant-false-childhood.html
Chris Brewin et Bernice Andrews deux psychologues britanniques ont en effet, publié dans  Applied Cognitive Psychology (8 avril 2016) **  une nouvelle revue systématique des études sur les faux souvenirs induits  et ils soutiennent que les faux souvenirs ne sont pas si facilement induits.
** Brewin, C., & Andrews, B. (2016). Creating Memories for False Autobiographical Events in Childhood: A Systematic Review Applied Cognitive Psychology DOI: 10.1002/acp.3220

Leurs arguments

La clé de leur argumentation est la redéfinition d’un faux souvenir. Pour eux cela implique une personne se rappelle une expérience, y compris les détails sensoriels, et de croire avec confiance en ce  souvenir comme quelque chose qui est vraiment arrivé. Ce qu’ils appellent « des souvenirs complets ». Selon  Brewin et Andrews, des études dans ce domaine qui impliquent d’induire des faux souvenirs adoptent souvent une définition plus libérale, comme un changement subtil dans la volonté d’une personne à croire qu’un événement décrit aurait pu se  passer dans leur enfance.

Ils ont analysé trois des paradigmes utilisés, dans les études, par les chercheurs pour suggérer de faux événements de l’enfance  à des adultes :

  • l’inflation de l’imagination, qui vise à susciter de faux souvenirs chez les participants simplement en leur demandant d’écrire sur des événements fictifs comme s’ils s’étaient réellement passés.
  • les faux feedbacks, par  une figure d’autorité, comme un thérapeute, il applique une pression sociale sur un participant en affirmant que l’événement était susceptible s’être passé dans leur enfance.
  • enfin l’implantation de souvenirs. Cette approche implique la connivence des parents et des figures d’autorité sur plusieurs sessions pour convaincre un participant qu’un événement s’est réellement passé dans leur enfance, allant aussi loin dans certains cas, modifier des photos pour produire des preuves irréfutables.
    Selon Brewin et Andrews  la plupart des participants à ces études :

    • ne croient pas vraiment que l’événement de l’enfance leur soit  arrivé,
    • ils doutent apparemment totalement des nouveaux souvenirs qui se révèlent, en dépit de la pression exercée pour penser autrement. […]
    • la majorité des participants sont résistants aux suggestions qui leur sont données

    Ils concluent donc que :

    • Les études sur l’inflation de l’imagination et de fausses rétroactions (feedback) augmentent un peu la croyance qu’un événement suggéré s’est produit  de telle sorte que les événements sont considérés comme ayant peu de chances de s’être produit.
    • Dans les études d’implantation de souvenirs, le souvenir retrouvé d’une expérience (pour les événements suggérés) est induit en moyenne chez 47% des participants, mais seulement dans 15% ce sont ces expériences susceptibles d’être considérés comme des souvenirs complets.

      Les  conclusions des auteurs

      Brewin et Andrews  concluent que la sensibilité aux faux souvenirs d’événements de l’enfance semble plus limitée que ce qui a été suggéré par les chercheurs auteurs de ces études. Ils ajoutent :

      ” En résumé, il nous semble qu’un certain nombre de conclusions  ne peuvent pas être correctement tirées de la littérature expérimentale existante. D’une part, elle a fourni une démonstration précieuse que les faux souvenirs convaincants peuvent parfois être créés, même avec les restrictions imposées par la recherche en laboratoire. Il y a des motifs suffisants pour conclure que (probablement une faible) minorité de personnes pourrait développer de faux souvenirs d’événements de l’enfance avec ces caractéristiques, et que ces souvenirs peuvent contenir un mélange d’éléments vrais et faux. » […]

      Le fait que la sensibilité à de faux souvenirs semble être plus faible que ce qui a souvent été précédemment suggéré ne diminue en aucune manière les conséquences importantes pour la salle d’audience et la nécessité de tenir compte des conséquences extrêmement dommageables qui pourraient en découler de fausses accusations qui sont crues sincèrement. D’autre part, nous pensons qu’on ne peut pas conclure que les faux souvenirs d’événements d’enfance possédant ces caractéristiques sont communes, qu’ils sont faciles à suggérer ou à implanter ou que la majorité des individus y sont sensibles.[…]

      La littérature que nous avons passée en revue fournit des indications précieuses quant aux conditions dans lesquelles ces faux souvenirs sont les  plus susceptibles d’intervenir. Les situations les plus préoccupantes sont celles dans lesquelles ce qui suit se produit à plusieurs reprises et en même temps :

      • (i) la croyance autobiographique est renforcée par des informations de plausibilité fournies par une figure de confiance;
      • (ii) l’expérience “retrouvée” est augmentée par l’encourageant et l’imagerie guidée, en particulier quand il est suscitée par des détails personnellement pertinents; et
      • (iii) la confiance dans la véracité des expériences résultant est stimulée par leur acceptation sans esprit critique .Un exemple serait celui des thérapeutes qui attribuent les symptômes de leurs patients à des abus sexuels sur des enfants en l’absence de tout ex souvenir, instruisent leurs patients sur la façon d’imaginer ce scénario et acceptent aveuglément tout le matériau produit par cette procédure. Il convient de souligner, cependant, que de faux souvenirs ne nécessitent pas nécessairement une influence externe et peuvent parfois provenir de la mauvaise interprétation spontanée de rêves internes ou des images (Brewin, Huntley, et Whalley, 2012; Rassin, Merckelbach, & Spaan, 2001). […]Compte tenu de l’opinion généralement acceptée par les organismes professionnels et les commentateurs indépendants que des souvenirs récupérés peuvent être authentiques, faux ou un mélange des deux (Lindsay & Read, 1995; Wright, Ost, et French, 2006), les témoins experts sont en bonne position pour évaluer la mesure dans laquelle les conditions propices à de faux souvenirs ont ou non été présent avant la récupération de la mémoire.
        Néanmoins, il est très préoccupant que, contrairement à la grande majorité des psychologues cliniciens qualifiés, certains thérapeutes alternatifs continuent d’approuver des idées erronées, par exemple, que les souvenirs conscients des gens peuvent revenir à la naissance et que les souvenirs  récupérés par hypnose  sont fiables (Andrews et al ., 1999; Brewin & Andrews, 2014). Ces croyances peuvent favoriser les pratiques inappropriées que  nous et d’autres avons identifié.

        Note : Ces affirmations sont, selon moi,  sujette à caution.
        De nombreux thérapeutes croient aux vertus de l’hypnose pour “retrouver” des souvenirs enfouis.
        Quand à l’impartialité des témoins experts, leur credo de entre évidemment en ligne de compte dans leur témoignage au tribunal.
        D’ailleurs ….

      Qui sont donc ces psychologues ? Leur impartialité est-elle assurée ?

      Chris R. Brewin est professeur of Clinical Psychology, à l’University College, London, il est un adepte (il l’a écrit en 2003) de l’existence de la dissociation péri-traumatique.

      Dans l’aide-mémoire de Psycho-Traumatologie de Marianne Kédia et Aurore Sabouraud- Séguin, publié chez Dunod en 2013, les auteures écrivent :
      « Selon Chris Brewin (Brewin 2003) il existe 2 systèmes de codage en mémoire : VAM (Verbal Access Memory) et SAM (Sensory Access Memory). La dissociation peri-traumatique bloque la mise en mémoire verbale ce qui provoque l’amnésie. […]
       La dissociation péri-traumatique pose un problème dans l’appréhension judiciaire de l’évènement traumatique. Lorsque le sujet n’est pas capable de se rappeler l’évènement la frustration des forces de l’ordre ou des juges peut être grande, et il peut par ailleurs y avoir des controverses au sujet de « vrais faux souvenirs ». […] Peut-on porter plainte en plaidant une amnésie ? La prudence doit être grande lorsqu’on aborde la question de la dissociation et de la mémoire. […] La dissociation selon Freud serait donc le résultat d’un mécanisme de défense qui protège la conscience. »

      Bernice Andrews, est une psychologue à la Royal Holloway, University of London. Dans l’interview qui suit elle rejette l’idée que des souvenirs récupérés en thérapie puissent être de faux souvenirs.

      Very often, patients come into therapy after they have actually recovered memories

      Dr Bernice Andrews

      BBC News

      Fresh evidence

      Dans une interview  à BBC News *** du 14 mars 2000,  Bernice Andrews avait découvert qu’un tiers des patients avait récupéré quelques souvenirs avant de commencer la thérapie, elle rejette donc l’idée que des souvenirs récupérés en thérapie puissent être de faux souvenirs. Elle avait analysé les souvenirs retrouvés de 236 adultes, en interrogeant leurs thérapeutes. Cela, dit-elle, semble éloigner qu’une mauvaise thérapie soit un facteur fondamental dans de nombreux faux souvenirs. Elle a déclaré que, malgré les affirmations des militants, aucune preuve scientifique à l’appui de faux souvenirs répandus n’avait été produite.[…] Que ces souvenirs sont vrais ou non, je ne sais pas, mais l’idée qu’ils sont tous récupérés au cours du traitement est faux.”
      ***http://news.bbc.co.uk/2/hi/health/676213.stm

      Ils avaient publié ensemble dès 1998 un article : Brewin CR, Andrews B : « Recovered Memories of Trauma : Phenomenology and Cognitive Mechanisms » Clinical Psychology Review 18:949-970,1998.

      La réponse des chercheurs de l’Université de Maastricht

      Why we disagree with Brewin and Andrews (H. Otgaar, H.Merckelbach, M. Jelicic, and T. Smeets)

      Harald Merckelbach

       Harald Merckelbach, Professor of Experimental Psychology at the Faculty of Psychology, Maastricht University

       


      Les chercheurs hollandais de l’Université de Maastricht  (Henry Otgaar, Harald Merckelbach, Marko Jelicic, and Tom Smeets. ) ont réagi à cet article* en publiant une analyse intitulée :
      Why we disagree with Brewin and Andrews (Pourquoi nous sommes en désaccord avec Brewin et Andrews.)

      blog hollandais

      Forensische Psychologie Blog
      *Blog van de sectie Forensische Psychologie van de Universiteit Maastricht

       Le potentiel de faux souvenirs est plus grand que Brewin et Andrews ne le suggèrent

       

      Un choix sélectif des études

      Tout d’abord, l’examen de B & A est sélectif en ce qu’il ne se concentre que sur un sous-ensemble des études utilisant l’inflation de l’imagination, de faux feedbacks, et l’implantation de souvenirs  pour obtenir des faux souvenirs d’enfance. De plus, B & A n’incluent pas la littérature d’autres paradigmes de faux souvenirs (par exemple, la désinformation, des vidéos trafiquées) qui se rapportent à de faux souvenirs autobiographiques et qui ont été informatifs concernant la propension aux faux souvenirs pour les événements de l’enfance. […]

      Si B & A avait uniquement voulu se concentrer sur les études concernant les faux souvenirs pour les événements de l’enfance, alors pourquoi ont-ils inclus la littérature sur le crash paradigme de la mémoire (par exemple, Smeets, Telgen, Ost, Jelicic, & Merckelbach, 2009)? Ce paradigme met l’accent sur les faux souvenirs, des événements publics très médiatiques exposés plutôt que les événements de l’enfance.

      De même, B & A ne traitent pas des études sur les souvenirs d’enfance évidemment faux, telles que celles des vies passées (Peters, Horselenberg, Jelicic, & Merckelbach, 2007).

      Ainsi, il semble que B & A étaient plutôt sélectifs dans leur inclusion de la littérature existante, ce qui rend leur estimation sur la vulnérabilité des faux souvenirs pour les événements de l’enfance provisoire.

      Un choix sélectif des souvenirs retenus

      Une deuxièmement sélectivité problématique a également envahi l’évaluation par B & A des études qui ont été incluses dans leur examen. B & A ont fait valoir qu’un faux souvenir plein est un souvenir qui englobe une croyance à la survenue de l’événement, les détails remémorés, et une grande confiance que ces détails sont exacts. Ils correctement ont montré que de nombreuses études d’implantation de faux souvenirs ne mesurent pas la confiance mais alors ils rejettent ces études quand ils calculent leur pourcentage de faux souvenirs pleins (15%). Il aurait été plus équilibré d’expliquer au lecteur – et aux juges potentiels et aux jurys – que, selon les critères que l’on utilise, la création complète de faux souvenirs peut varier de 15% jusqu’à 46%. De toute évidence, cette gamme fournit une estimation plus fiable du potentiel pour implanter de faux souvenirs d’événements entiers que le pourcentage à la limite inférieure.

      Exclusion des souvenirs induits par désinformation

      Troisièmement, il est remarquable que B & A n’ont pas examinés les faux souvenirs induits par la désinformation (Loftus, 2005); un type de faux souvenirs qui ont également été considérés comme un faux souvenir implanté (Brainerd, Reyna, et Céci, 2008). Bien entendu, les faux souvenirs induits par la désinformation sont souvent sur de petits détails et ne concernent pas les événements entiers. Pourtant, et contrairement à ce message central de B & A, le tableau général semble être que ces faux souvenirs implantés sont articulées avec une grande confiance. Certains chercheurs ont observé même que les gens sont plus confiants dans ces faux souvenirs implantés que dans les vrais souvenirs (Takarangi, Parker, et Garry, 2006).

      Pour examiner si faux souvenirs induits implantés par la désinformation sont, en effet, rapportés avec une grande confiance, nous avons effectué un examen à petite échelle sur des études de désinformation qui ont mesuré la confiance (voir le Tableau 1). Une recherche a été effectuée sur la base de données des sciences du Web en utilisant les termes de recherche “désinformation”, “faux souvenirs”, et “confiance”. Pour être inclus dans l’examen, des études il était nécessaire d’avoir utilisé le paradigme de désinformation et d’avoir mesuré la confiance dans les faux souvenirs. Sur les 36 articles potentiels, neuf documents (= 12 études) ont remplis nos critères. En lisant les articles, deux documents supplémentaires (= trois études; total = 15 études) ont été identifiés qui répondait à nos critères (à savoir, Assefi & Garry 2003, Loftus, Donders, Hoffman, & Schooler, 1989).

        Les études écartées par B&A à inclure dans l’examen

            Tableau 1

Implanted False Memories Studies Elicited by the       Misinformation Paradigm Measuring Confidence

Auteurs Participants (adultes) Degré de Confiance Echelle de notation (Rating Scale)
Loftus et al. (1989); Exp. 1 204 3.5 1 to 5
Loftus et al. (1989); Exp. 2 338 4.1 1 to 5
Pickel (1999) 86 5.13 1 to 10
Assefi & Garry (2003) 148 3.3 and 3.6 1 to 5
Mitchell et al. (2003) 51 1.49 and 2.20 (from Figure) 1 to 3
Takarangi et al. (2006); Exp. 1 40 4.04 1 to 5
Takarangi et al. (2006); Exp. 2 40 3.74 1 to 5
Paz-Alonso & Goodman (2008) 232 3.76 1 to 5
Foster et al. (2012); Exp. 1 64 3.81 1 to 5
Foster et al. (2012); Exp. 2 96 3.80 and 4.40 1 to 5
Van Damme & Seynaeve (2013) 300 3.49 1 to 5
Fenn et al. (2014) 107 3.61 1 to 8
Jack et al. (2014) 48 3.9 (from Figure) 1 to 5
Dodson et al. (2015); Exp. 1 59 76% and 84% 50% to 100%
Dodson et al. (2015); Exp. 2 96 75.3% and 76.3 50% to 100%

Une étude bien problématique

Bien que notre examen (ndlr. les auteurs) soit loin d’être exhaustif, il donne une estimation approximative de la relation entre les faux souvenirs implantés et la confiance. Ainsi, dans 93% (n = 14) des études, de faux souvenirs implantés ont été associés à des cotes de confiance dépassant le milieu de l’échelle. Un pourcentage pondéré des données a révélé une note moyenne de confiance de 74% (non pondérée IC à 95% [0,66, 0,78]. Il est donc clair, la confiance est souvent élevée dans les faux souvenirs implantés résultant de la désinformation, une constatation qui va à l’encontre de l’idée de B & A que les participants ne sont souvent pas très sûr de leurs faux souvenirs implantés.

Ainsi, l’image est beaucoup plus complexe que B & A veulent que le lecteur croie sur la base de leur examen sélectif de la littérature existante. Un autre problème est que B & A ne tiennent pas compte des réalités de la salle d’audience, un point que nous abordons dans Smeets, Merckelbach, Jelicic et Otgaar (2016).

En résumé

Nous soutenons que l’examen de B & A est sélectif dans les études et dans les sujets qu’ils ont adressés et, ce faisant, esquissent une image qui pourrait conduire les chercheurs à supposer à tort qu’à l’extérieur du laboratoire psychologique, les faux souvenirs ont une faible probabilité. Ce serait malheureux, si seulement parce que ce serait négliger les réalités de la salle d’audience où de faux souvenirs peuvent faire des ravages dans la vie des gens innocents.

Ma remarque personnelle

Les  techniques qui n’ont pas été prises en compte par B & A

J’ai noté, dans cette revue de Chris Brewin et Bernice Andrews, l’absence de : l’hypnose, de l’EMDR, du questionnement répétitif, techniques, à l’origine de la plupart des souvenirs « retrouvés » en thérapie.

Références

Références  des chercheurs de l’Université de Maastricht

 

Assefi, S.L., & Garry, M. (2003). Absolut® memory distortions: Alcohol placebos influence the misinformation effect. Psychological Science, 14, 77-80.*

Brainerd, C.J., Reyna, V.F., & Ceci, S.J. (2008). Developmental reversals in false memory: A review of data and theory. Psychological Bulletin, 134, 343-382.

Brewin, C., & Andrews, B. (in press). Creating memories for false autobiographical memories in childhood: A systematic review. Applied Cognitive Psychology.

Dodson, C.S., Powers, E., & Lytell, M. (2015). Aging, confidence, and misinformation: Recalling information with the cognitive interview. Psychology and Aging, 30, 46-61.*

Fenn, K.M., Griffin, N.R., Uitvlugt, M.G., & Ravizza, S.M. (2014). The effect of Twitter exposure on false memory formation. Psychonomic Bulletin & Review, 21, 1551-1556.*

Foster, J.L., Huthwaite, T., Yesberg, J.A., Garry, M., & Loftus, E.F. (2012). Repetition, not number of sources, increases both susceptibility to misinformation and confidence in the accuracy of eyewitnesses. Acta Psychologica, 139, 320-326.*

Goff, L.M., & Roediger, H.L. (1998). Imagination inflation for action events: Repeated imaginings lead to illusory recollections. Memory & Cognition, 26, 20-33.

Jack, F., Zydervelt, S., & Zajac, R. (2014). Are co-witnesses special? Comparing the influence of co-witness and interviewer misinformation on eyewitness reports. Memory, 22, 243-255.*

Loftus, E. F. (2005). Planting misinformation in the human mind: A 30-year investigation of the malleability of memory. Learning & Memory, 12, 361–366.

Loftus, E.F., Donders, K., Hoffman, H.G., & Schooler, J.W. (1989). Creating new memories that are quickly accessed and confidently held. Memory & Cognition, 17, 607-616.*

Mitchell, K.J., Johnson, M.K., & Mather, M. (2003). Source monitoring and suggestibility to misinformation: Adult age-related differences. Applied Cognitive Psychology, 17, 107-119.*

Otgaar, H., Scoboria, A., Howe, M.L., Moldoveanu, G., & Smeets, T. (in press). Challenging memories in children and adults using an imagination inflation procedure. Psychology of Consciousness: Theory, Research, and Practice.

Paz-Alonso, P.M., & Goodman, G.S. (2008). Trauma and memory: Effects of post-event misinformation, retrieval order, and retention interval. Memory, 16, 58-75.*

Peters, M.J.V., Horselenberg, R., Jelicic, M., & Merckelbach, H. (2007). The false fame illusion in people with memories about a previous life. Consciousness and Cognition, 16, 162-169.

Pickel, K.L. (1999). Distinguishing eyewitness descriptions of perceived objects from descriptions of imagined objects. Applied Cognitive Psychology, 13, 399-413.*

Smeets, T., Telgen, S., Ost, J., Jelicic, M., & Merckelbach, H. (2009). What’s behind crashing memories? Plausibility, belief and memory in reports of having seen non-existent images. Applied Cognitive Psychology, 23, 1333-1341.

Takarangi, M.K.T., Parker, S., & Garry, M. (2006). Modernising the misinformation effect: The development of a new stimulus set. Applied Cognitive Psychology, 20, 583-590.*

Van Damme, I., & Seynaeve, L. (2013). The effect of mood on confidence in false memories. Journal of Cognitive Psychology, 25, 309-318.*

*: papers included in the review